Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) a publié, le 19 juillet 2026, un communiqué où il exprime sa «profonde préoccupation à la suite de l’arrêt rendu le 13 juillet 2026 par la chambre criminelle du pôle anti-terroriste près la Cour d’appel de Tunis, portant à vingt-neuf ans d’emprisonnement la peine infligée au magistrat Béchir Akremi, aggravant ainsi la condamnation de vingt-trois ans prononcés en première instance.»
Détenu depuis le 12 février 2023, Béchir Akremi fait l’objet de plusieurs procédures pénales engagées à la suite de l’exercice de ses fonctions de procureur de la République puis de premier juge d’instruction dans plusieurs dossiers particulièrement sensibles, notamment ceux relatifs aux assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, ajoutant que le pouvoir lui reproche notamment d’avoir omis d’exécuter un mandat d’amener, d’avoir dissimulé des éléments de procédure et d’avoir commis diverses irrégularités dans la conduite de certaines enquêtes. «Sa défense conteste fermement ces accusations, estimant que les poursuites sont dépourvues de fondement sérieux et qu’elles s’inscrivent dans une entreprise plus large d’instrumentalisation de la justice visant des magistrats devenus indésirables», souligne le CRLDHT, en faisant observer que cette condamnation intervient dans un contexte de «transformation profonde du système judiciaire tunisien depuis le 25 juillet 2021», après «la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature élu, la révocation de cinquante-sept magistrats par décret présidentiel, les poursuites engagées contre plusieurs juges, les pressions exercées contre les avocats, les journalistes et les opposants politiques, ainsi que la multiplication des procès à caractère politique, traduisant une dégradation continue des garanties de l’État de droit et de l’indépendance de la justice.»
Cette affaire intervient aussi après plusieurs autres procédures dirigées contre des magistrats, notamment le juge Hamadi Rahmani et Anas Hmadi, président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), rappelle encore le CRLDHT qui «condamne cette nouvelle aggravation de la peine prononcée contre le juge Béchir Akremi» et «appelle à mettre fin aux poursuites et aux mesures de représailles visant les magistrats en raison de l’exercice de leurs fonctions ou de leurs positions professionnelles.»



Donnez votre avis