«Il est inévitable que les Etats Unis dirigent les affaires du pétrole dans le monde, même en dehors des limites de leur souveraineté territoriale ou des contraintes du droit international», écrivait Georges S Walden , Pdg de Socony Vacuum en 1945.
Dr Mounir Hanablia *
La guerre actuelle en Iran semble émerger d’un scénario catastrophe lié aux prestations d’un président américain que son incompétence et son arrogance auraient malencontreusement conduit sur le sentier de la guerre, cornaqué par un premier ministre israélien aussi retors et cynique que piétinant allègrement le droit international.
Pourtant le déroulement actuel du conflit n’est pas sans évoquer un célèbre précédent, celui de la guerre du Golfe débutée avec l’invasion du Koweït en 1991 par l’armée de Saddam Hussein à la suite d’un double différend, frontalier et sur les quotas de production pétrolière.
Invasion suite à un différend pétrolier
On fera abstraction du rôle du président égyptien Moubarak torpillant pour le compte de son parrain américain toute possibilité de solution pacifique. Ou bien celui du président français Mitterrand induisant en erreur les Irakiens sur les intentions américaines ; avaient-ils besoin de le croire alors qu’il était membre de la coalition internationale ?
La guerre selon l’auteur était évitable et Saddam Hussein était prêt à évacuer le Koweït. Mais l’administration américaine en a décidé autrement. La bataille s’était conclue début 1992 à l’issue d’une campagne aérienne massive de cinq semaines par la destruction de l’infrastructure civile, militaire, industrielle, de l’Irak, et l’armée irakienne avait subi des pertes importantes avant d’être finalement encerclée par les troupes de la coalition internationale menée par les Etats Unis d’Amérique, regroupant nombre de pays arabes, et agissant sous l’égide du Conseil de sécurité de l’Onu.
Néanmoins les irakiens avaient épargné suffisamment de forces pour écraser le soulèvement chiite du sud avec l’accord tacite des vainqueurs qui avant de se retirer avaient décrété une zone d’exclusion aérienne au nord instaurant un véritable réduit protégeant les milices kurdes révoltées contre le pouvoir de Bagdad. Et la Turquie plutôt frileuse quand il s’agit de Kurdes n’avait pas bronché.
Invasion à la recherche d’armes imaginaires
Saddam Hussein sera pris et exécuté après l’invasion et l’occupation de son pays en 2003 par les forces américaines et britanniques, survenues à l’issue de 12 années d’embargo ayant occasionné plus de morts infantiles que la guerre. N’étant pas mandatée par l’Onu, cette invasion à la recherche d’armes imaginaires dans le contexte de l’hystérie antiterroriste post-11 septembre 2001, avait été qualifiée d’illégale, et nombreux avaient été ceux qui avaient pensé que le président Bush Fils avait fait le travail pour Israël. On sait ce qu’il est advenu de l’occupation américaine. Il est néanmoins important de noter que le président Bush Père agissant dans le contexte de la libération du Koweït et du mandat de l’Onu en 1991 n(avait pas hésité à ordonner l’assassinat du président irakien, et seule la chance avait épargné à ce dernier de mourir sous les bombes.
Le démembrement programmé de l’Iran
Prétendre que l’administration américaine actuelle serait moins respectueuse du droit international, ou plus soumise au diktat du lobby sioniste que ses devancières, est d’autant plus démenti par les faits que la campagne actuelle contre l’Iran semble se dérouler selon le scénario irakien de 1991, avec la destruction du pays, et son démembrement programmé.
Il reste à savoir si l’Etat iranien qui en plus d’un relief propice à la résistance dispose de bien plus de moyens militaires et humains, sera capable d’imposer aux agresseurs une solution politique sauvegardant ses intérêts vitaux.
* Médecin de libre pratique.
‘‘Illusion of triumph. The Gulf War’’, de Mohamed Heikal, éd. Flamingo, 400 pages, 8 février 1993.



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