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Lang’art réhabilite la culture noire en Tunisie

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Dans ‘‘Le noir est une valeur’’, la danse, le théâtre, la musique et le slam s’accordent en parfaite harmonie, pour rendre hommage à la culture noire.

Par Fawz Ben Ali

Parmi le large éventail de spectacles proposé par le Festival du Printemps qui se tient pour la première fois en Tunisie cette année, du 28 avril au 21 mai, on trouve une nouvelle création intitulée ‘‘Le noir est une valeur’’, proposée par Lang’art.

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Cet espace artistique et culturel afro-tunisien, qui a récemment ouvert ses portes à Tunis, a pour premier objectif de promouvoir les arts de la rue et les arts scéniques. Les jeunes qui souhaitent dépasser le cap de l’amateurisme y acquièrent les connaissances nécessaires dans les différentes disciplines de l’art underground comme la musique alternative, la danse contemporaine ou le théâtre de rue, toujours dans une démarche qui fait de l’art un acte citoyen engagé.

Un métissage humain et culturel

Le soir du jeudi 12 mai, on a eu droit à un avant-goût d’un projet multidisciplinaire en cours ‘‘Le noir est une valeur’’, réalisé par les jeunes adeptes de l’espace. On pourrait l’inscrire dans le genre de la comédie musicale, mais il échapperait à la catégorisation par la variété de ses composantes. La danse, le théâtre, la musique et le slam s’accordent en parfaite harmonie, pour rendre hommage à la culture noire, souvent occultée face à la prépondérance de la culture arabo-musulmane, en Tunisie. Car on ne doit pas oublier que notre pays est fait d’un métissage humain et d’une pluralité culturelle et sociale.

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Un spectacle unique et poétique par sa dimension esthétique mais aussi parce qu’il se veut un hymne à la paix, à la tolérance et à la coexistence. Il a le mérite de nous rappeler notre devoir de mémoire et de nous questionner: en Tunisie, l’humain est-il encore réduit à sa couleur?

Si certains parlent de faux problème ou de cas isolés, le racisme semble prendre forme quotidiennement à travers des actes, des paroles et des attitudes méprisantes. N’a-t-on pas récemment entendu parler d’un bus pour les blancs et un autre pour les noirs dans la ville de Médenine, au sud tunisien? Heureusement que cette absurdité – dans un pays qui a aboli l’esclavage depuis 1846 – a été formellement démentie et s’est révélée être une intox. Il n’empêche que le racisme s’exprime encore au quotidien en Tunisie à travers certains comportements.

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Sexisme, homophobie et régionalisme

Dans ‘‘Le noir est une valeur’’, il n’est pas uniquement question de racisme, mais de tous les maux de la société. Des tableaux très réalistes avec des protagonistes éloquents mettent en scène le sexisme, l’homophobie, le régionalisme … et tout ce qui est engendré par la peur et le rejet de l’autre qui ne correspond pas à la norme générale. Conséquence : des groupes socialement vulnérables, exclus et violentés.

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Encore une fois, par le biais de l’art, on pourrait triompher là où les politiques ont souvent échoué, à savoir, instaurer plus de connexions entre les citoyens, sans hiérarchisation ni catégorisation, c’est en tout cas ce qu’espèrent accomplir les artistes de Lang’art. «Par la danse, la musique et le théâtre, nous réaliserons ce que les armes ne pourront pas faire : l’amour, l’égalité et la paix!», nous disent-ils.

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