Le poème du dimanche | ‘‘Fidélité’’ de Mohsen Ben Hmida

Né en 1919 à Monastir, Mohsen Ben Hmida est poète, nouvelliste, traducteur, dramaturge, et essayiste tunisien.

Après des études au Lycée Sadiki et en Sorbonne, à Paris, il publie ses textes dès 1944 dans la revue Al-Mabâheth puis dans Al-Fikr, dès 1955.

Considéré comme innovateur, engagé, écrivant tôt, en vers libre, vers libéré, disait-il, il publie en arabe, son premier recueil, La caravane d’esclaves (MTE, 1967), puis Un homme est mort, (1985).

Bilingue, on lui doit de nombreuses traductions dont Saison en enfer (MTE, 1987) et Les Illuminations de Rimbaud, aussi, du français vers l’arabe, Cent poèmes du Japon, Ed. Beit Al-Hikma, 1990. En, 1993, il annonce plusieurs recueils inédits, dont un en français, Le périple, nous ne savons s’il a vu le jour. Il décède en 2005.

Tahar Bekri

Je me souviens je n’oublie pas

Sur quoi nous avons fait serment

Tout ce vers quoi nous aspirions

Ö mon compagnon ! Compagnon des faibles

Tout ce qui crée chez l’être sa fierté

Tout ce qui rescucite les cendres

Je me souviens je n’oublie pas

Cette époque détestable

Avant que je n’écrive mon poème

Quand ils étaient des loups

Et nous étions des moutons

Quand mon frère aspirait la poussière

Et  moi portais le drame

Les campagnes étaient désertes et assoiffées

Mon frère humain sur ma terre à la dignité violentée

Mon frère humain sur ma terre ne savait où se diriger

Je me souviens je n’oublie pas

Depuis que j’étais enfant

Et que le malheur m’avait frappé

Que la faim avait essoré le cœur de mon pays

Que la gloire s’éloignait au loin fort loin

Comme des souffles éclatants

J’ai entendu que c’était mon peuple

Que c’était le gémissement de l’humanité

J’ai fait serment que la colère éclatera

Sur tous les chemins

Le peuple se révoltera vite avec force

Je me souviens je n’oublie pas

Je ne suis pas ingrat

Je ne suis pas insensible

Comme des souffles nobles

Comment de quelques fragments

J’ai semé la graine de l’amour de l’humanité

Allumé le feu de la vaillance

Révélé tout traître valet

Réveillé la fierté de mon peuple de nouveau

Qui s’opposa à l’ennemi

Brandissant sa foi de fer inébranlable

Et  bâtit la gloire de mon pays

Traduit de l’arabe par Tahar Bekri

Extrait de Attariq (La voie), recueil annoncé, poème paru dans la revue Al-Maçar, n°18, octobre, 1993.

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