Né en 1943, à Aref-sur-Arges (Roumanie), Horia Badescu est poète, essayiste, journaliste, universitaire et diplomate.
Lauréat de l’Académie roumaine et de plusieurs prix littéraires, dont, le Prix européen de poésie francophone, «Léopold Sedar Senghor». Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages parus en Roumanie et dans divers pays.
Ecrit en roumain et en français. Traduite en différentes langues, sa poésie «répond à une nécessité vitale, elle ne chante pas pour séduire mais pour sauver. Elle constitue un exercice de survie.» (Jean-Max Tixier), Horia Badescu «…nous précède en nos déserts et relève les repères.» (Luc Norin)
Tahar Bekri
Des automnes, des hivers ont passé,
chaque fois et depuis toujours illusoires
et pourtant si réels,
tel l’air du soir avant qu’il commence à neiger.
Sur l’arête des heures, sur leur fil édenté,
des paroles qui glissent au-dessus
du clavier égaré du premier instant.
Les jours cueilleront dans leurs corbeilles la fournaise,
mais restera tout entière la lumière insatiable qui coule
de l’œil céleste,
et rien de ce qui t’est destiné ne changera,
et rien ne pourra emporter ce qui doit rester
après toi :
un rai,
le murmure d’un chant
tel le susurrement amoureux de l’herbe,
une traînée de sang qui monte du cœur insatiable
du monde,
un signe pour le retour
quand l’horizon plonge dans les eaux,
et seule la sirène du bateau perpétue à jamais
la respiration éternelle
de la mer.
‘‘Celui qui reste debout’’, Editions Pétra, Paris, 2021.
(Remerciements à l’auteur)



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