Né en 1924 à Paris, André du Boucher est poète, critique de littéraire et d’art, traducteur. Il décède en 2001 et laisse une œuvre inclassable et singulière.
Fuyant le régime de Vichy, il s’installe, jeune, avec ses parents en Amérique où il poursuit ses études. Revient en France en 1948 et publie textes critiques et de création. Ses premiers poèmes seront rassemblés et publiés dans son recueil, Dans la chaleur vacante, en 1961.
Avec Yves Bonnefoy et Jacques Dupuis, il fonde la revue l’Ephémère. Son écriture, entre celles de Mallarmé et René Char, est une penture de la nature où l’homme est errant, vit dans l’inquiétude.
Tahar Bekri
La meule de l’autre été scintille. Comme la face de la terre
qu’on ne voit pas.
Je reprends ce chemin qui commence avant moi.
Comme un feu en place dans l’air immobile.
l’air qui tournoie au-dessus du chemin.
Tout a disparu. La chaleur déjà.
Souffle l’orage sans eau. Se perd l’haleine des glaciers.
Sans avoir enflammé la paille qui jonche le champ.
Cette maison dans l’autre orage. Comme un mur froid
au milieu de l’été.
Vers la paille. Vers le mur de plusieurs étés, comme un éclat
de paille dans l’épaisseur de l’été.
Dans la chaleur vacante suivi Ou le soleil, Poésie/Gallimard



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