Dans le cadre de l’initiative portée par Abdesselem Fezzani, expert et consultant auprès des bailleurs de fonds, du projet de protection du littoral de Bizerte, une réunion de concertation s’est tenue le 5 mars 2026 dans les locaux du projet. Elle a réuni l’entreprise en charge des travaux, l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), ainsi que plusieurs associations de la société civile — notamment MAN, l’Asseb, Cap Bizerte, Saison Bleue, APSLB et ATD — aux côtés d’un représentant des adjudicataires estivants de la plage.
Lotfi Sahli
Les participants ont été informés en détail des différentes phases du projet, de l’enveloppe qui lui est dédiée, du planning des travaux et des mesures correctives mises en œuvre pour en garantir la bonne conduite.
Ce projet, dont le coût est estimé à 100 millions de dinars et financé en partie par des fonds allemands et hollandais, revêt une importance majeure pour la protection du littoral contre l’érosion marine et qui vise à restaurer l’éclat de la plage de la région, d’autant plus que la mer a emporté le sable et les plages.
Protection physique du littoral
La durée des travaux pour ce projet qui a débuté le 1er septembre 2025, est fixée à 34 mois, avec une finalisation prévue fin juin 2028. Une pause des travaux est programmée durant les mois de juillet et août 2026 afin de préserver le calme et la sérénité des estivants.
Initialement, le projet prévoyait la construction de trois épi rocheux (ouvrages de protection), totalisant environ 1 600 mètres linéaires, ainsi qu’une barrière rocheuse de 590 mètres destinée à atténuer la houle et à stabiliser le trait de côte. Cependant, en raison de contraintes budgétaires, le nombre d’épis a dû être revu à la baisse, passant de trois à deux structures.
Le décalage de l’épi n° 1 sur une distance de 200 mètres a été décidé afin d’assurer la protection des câbles sous-marins en fibre optique qui longent cet ouvrage.
Composantes du projet
La première composante du projet porte sur l’installation de brise-lames et d’épis destinés à lutter contre l’érosion marine. Ces ouvrages, conçus pour absorber l’énergie des vagues et protéger la plage, nécessitent la mise en place d’environ 200 000 mètres cubes d’enrochements.
L’acheminement de ces roches, provenant de la carrière de Tebourba, requiert une rotation quotidienne d’environ 16 camions d’une capacité de 20 mètres cubes chacun. Cette opération impose la mise en place de mesures appropriées afin de garantir la sécurité routière et d’assurer la fluidité de la circulation.
Les travaux prévoient également l’enrochement du «cavalier», une zone tampon située entre l’épi n°2 et l’épi n°3, dont la réalisation est reportée à une date ultérieure. Cet aménagement s’étendra sur une largeur moyenne de sept mètres et une longueur d’environ 590 mètres.
Par ailleurs, l’opération d’ensablement de la plage sera accompagnée d’aménagements complémentaires, notamment la création de trottoirs, de murs de quai, l’installation de garde-corps ainsi que la mise en place d’une signalisation maritime afin de sécuriser les zones aménagées.
La deuxième composante du projet concerne le rechargement de la plage en sable. Au total, près de 900 000 mètres cubes de sable seront prélevés au large de Demna, à Metline, situé à environ 12 miles du chantier.
L’opération sera réalisée à l’aide d’une drague suceuse autoporteuse d’une capacité de 10 000 mètres cubes, qui effectuera jusqu’à 4 rotations par jour afin d’acheminer le sable vers la zone des travaux. Cette phase du projet est prévue après la stabilisation des structures rocheuses. Il s’agit de restaurer la largeur et la qualité des plages.
La troisième composante consiste à installer de ganivelles (brises vent) sur les dunes naturelles de sable

Suivi, transparence et gouvernance
Un plan de gestion environnementale et sociale sera mis en place, accompagné d’études d’impact pour limiter les perturbations sur la faune et les écosystèmes marins. Et l’évolution du littoral sera surveillée de manière continue à travers un réseau d’observation environnementale.
Un dispositif de suivi régulier encadrera le projet de protection du littoral de Bizerte, avec des réunions mensuelles rassemblant partenaires institutionnels, ingénieurs et représentants de la société civile pour évaluer l’avancement et ajuster les travaux. Des rapports publics garantiront la transparence. La concertation citoyenne sera au cœur du projet, impliquant ingénieurs, urbanistes, paysagistes, acteurs du tourisme et associations pour faire des habitants des acteurs du changement.
Il s’agit de préserver les infrastructures existantes tout en renforçant l’attractivité touristique de Bizerte, alliant protection du littoral, développement durable et relance économique.
Le projet de protection du littoral de Bizerte repose sur une approche intégrée conciliant préservation de l’environnement et développement durable. Il prévoit la mise en place d’un réseau de suivi scientifique pour observer l’évolution des plages et de la biodiversité, ainsi que des partenariats de recherche avec des institutions tunisiennes et étrangères afin d’adapter les stratégies de protection au changement climatique et promouvoir une gestion durable des ressources maritimes.
La société civile jouera un rôle clé grâce à l’implication d’ingénieurs, de bénévoles et d’acteurs locaux. Des actions de sensibilisation et de participation citoyenne seront également menées afin de faire de ce projet un modèle national de gouvernance durable.



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