Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), une Ong tunisienne basée à Paris, a dénoncé, dans un communiqué publié vendredi 20 mars 2026, la condamnation de Saadia Mosbah à huit ans de prison et à une amende de 100 000 dinars, ainsi que les peines infligées à son fils Fares Gueblaoui (trois ans) et à sa compagne Heba (deux ans).
«Cette décision constitue une condamnation politique, rendue dans un contexte de dérive autoritaire, de banalisation du racisme et d’instrumentalisation du système judiciaire», écrit le CRLDHT.
Saadia Mosbah, militante antiraciste et fondatrice de l’association Mnemty, a été arrêtée le 6 mai 2024, accusée de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite et d’association de malfaiteurs, ce qu’elle rejette catégoriquement, alors que ses avocats évoquent de «dossier vide».
«À la veille du 21 mars, Journée internationale contre le racisme, cette condamnation illustre un profond décalage entre les principes proclamés et la réalité. Alors que la Tunisie s’est dotée en 2018 d’une loi criminalisant la discrimination raciale, celle-ci est aujourd’hui largement vidée de sa portée : les discours racistes se banalisent sans réponse, les victimes restent insuffisamment protégées, et celles et ceux qui s’engagent contre le racisme sont désormais poursuivis», écrit encore le CRLDHT dans son communiqué.
Le CRLDHT exige la «libération immédiate et inconditionnelle» de Saadia Mosbah, de son fils Fares, de sa compagne Heba et de toutes les personnes poursuivies dans cette affaire.
I. B.



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