La campagne de traitement des peaux d’animaux sacrificiels, interrompue l’année dernière, vient de reprendre à l’occasion de l’Aïd Al-Adha célébré en Tunisie mercredi 27 mai 2026.
Selon le président de la Chambre nationale du cuir et de la chaussure (CNCC), Wajdi Dhouib, cité par l’agence Tap, cette campagne est supervisée par le Centre national du cuir et de la chaussure, qui a fourni environ 15 tonnes de sels pour la conservation des peaux et a œuvré à la réactivation des licences d’exportation pour les peaux semi-traitées, permettant ainsi aux abattoirs de reprendre leur activité et à la campagne de retrouver son rythme normal.
M. Dhouib a expliqué à la TAP que le taux de traitement des peaux d’animaux sacrifiés dans le gouvernorat de Sfax avait atteint environ 40 % cette année, selon les premières estimations, jugeant ce pourcentage «respectable et acceptable», dans l’attente de la collecte définitive des données relatives aux quantités collectées et traitées.
M. Dhouib a, par ailleurs, expliqué que la campagne nationale de valorisation des peaux d’animaux sacrificiels a été lancée en 2018 à l’initiative du CNCC, en constatant la multiplication du nombreux de peaux d’animaux jetées dans la rue ou brûlées, pratique qui engendrait des odeurs nauséabondes et des risques sanitaires et environnementaux. Pis encore : dans les années où l’Aïd Al-Adha coïncidait avec la saison des pluies, certaines peaux étaient même jetées dans le réseau d’égouts de l’Office national de l’assainissement (Onas), a-t-il déploré. Et d’ajouter que la campagne avait d’abord été lancée dans la région du Grand Tunis (Ariana, Ben Arous, Tunis et Manouba) avant d’être étendue en 2019 à la plupart des gouvernorats du pays. Cette extension a impliqué les municipalités, le ministère des Affaires religieuses et le CNCC.
Les campagnes de sensibilisation menées entre 2018 et 2024 ont contribué de manière significative à l’amélioration des méthodes de conservation et de la qualité des peaux.
Il est à noter que le processus d’abattage des animaux sacrificiels pour l’Aïd Al-Adha diffère des méthodes d’abattage professionnelles utilisées dans les abattoirs, ce qui avait auparavant suscité des inquiétudes quant à la qualité des peaux. Aussi les abattoirs ont-ils été encouragés à participer en obtenant des licences d’exportation de peaux semi-traitées, malgré l’interdiction de telles exportations en temps normal.
En 2020, les peaux d’animaux sacrificiels semi-traitées ont été exportées pour une valeur de 14,6 millions de dinars, a indiqué M. Dhouib, ajoutant que ce processus a contribué à économiser des devises étrangères et à réduire la charge financière pesant sur les municipalités en matière de transport des peaux vers les décharges, d’autant plus que le poids moyen d’une peau est d’environ 4,5 kilogrammes.
Les résultats de la campagne s’améliorent d’année en année, le taux de récupération estimé des peaux d’animaux sacrifiés atteignant environ 5,5 % en 2024. L’objectif est d’atteindre un taux de 70 à 80 % grâce à des campagnes de sensibilisation renforcées.
Dhouib a également révélé que le ministère de l’Industrie a suspendu les licences d’exportation de peaux semi-transformées fin 2024, ce qui, selon lui, a dissuadé les abattoirs de participer en 2025 et a entraîné l’arrêt de la campagne nationale, à l’exception de quelques municipalités qui ont poursuivi leurs efforts dans ce domaine.



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