Né en 1956, Jean-Baptiste Para est poète et critique d’art français. Il est rédacteur en chef de la revue littéraire Europe, fondée à Paris en 1923.
Il a reçu le prix Apollinaire pour son recueil La Faim des ombres (2006). On lui doit également des traductions de poètes italiens et russes. Son activité de traducteur a été récompensée par le prix Laure Bataillon, le prix Nelly Sachs et le prix Étienne.
Tahar Bekri
Déjà l’horizon fume comme un cheval échauffé.
Déjà le soleil s’émiette sur les pas de l’écuyère.
« Ma sœur aussi avait un grain de beauté sur la joue », dit l’homme en capote de soldat.
Le sable coule entre ses mains.
Le silence a vidé son cœur comme un œuf.
Il ne se souvient pas avoir entendu tomber la pluie
Sur la fenêtre en papier huilé.
Il se lève, coupe du genou les herbes hautes
Et s’en va jouer de l’harmonica dans le pigeonnier désert.
Quand les enfants sortiront des arbres creux
La balançoire reprendra son va-et-vient.
On voudrait que la joie soit trop ivre
Pour trouver le chemin du retour.
Si elle se retire, elle est comme la douleur
Qui ouvre la poitrine côte après côte.
On est venu au monde pour l’eau printanière.
On s’en ira dans l’illisible lumière.
Inédit (Remerciements à l’auteur).



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