Equipe de Tunisie | Hervé Renard ne s’est pas laissé piéger

Hervé Renard, le providentiel coach de l’équipe de Tunisie lors de ses deux derniers matches du Mondial Fifa qui se déroule actuellement aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, a annoncé, samedi 4 juillet 2026, la fin de sa mission à la tête des Aigles de Carthage. «Mon aventure prend fin», a-t-il sobrement écrit dans un message publié sur les réseaux sociaux. Personne n’a été surpris par la décision du technicien français ni par la manière, pour le moins humiliante pour la Fédération tunisienne de football (FTF), avec laquelle il l’a annoncée.   

Latif Belhedi

Renard avait été nommé en cours de compétition pour succéder à Sabri Lamouchi, au lendemain de la lourde défaite concédée par la sélection tunisienne face à la Suède (1-5), lors de la phase de groupes du Mondial, et qui a succédé à une autre, tout aussi humiliante, une semaine auparavant, en amical, contre la Belgique (0-5).

«Avant de partir, je tiens à adresser mes plus sincères remerciements à la Fédération tunisienne de football pour m’avoir permis de participer à la Coupe du monde 2026. Ce fut un honneur de porter les couleurs de la Tunisie et de vivre cette expérience inoubliable», a-t-il déclaré.

Le technicien français a également adressé un message d’encouragement à la sélection nationale : «Je souhaite le meilleur à cette équipe tunisienne pour l’avenir. Je suis convaincu qu’elle continuera à grandir, à faire vibrer tout un peuple et à écrire de belles pages de son histoire. Merci à tous ceux qui m’ont accompagné tout au long de cette aventure.» 

Le train en marche

On ne peut pas dire que le rendement de l’équipe de Tunisie s’est beaucoup amélioré sous la conduite de Renard, puisque les coéquipiers de Hannibal Mejbri ont essuyé deux autres défaites, tout aussi humiliantes (0-4 contre le Japon et 1-3 contre les Pays-Bas), et ce n’est sans doute pas de la faute du Français qui prit le train en marche. Il a d’ailleurs avoué, à demi-mot, qu’en volant au secours des Tunisiens lors des deux derniers matchs de groupe du Mondial, ce n’était pas parce qu’il croyait beaucoup en cette équipe, ni parce qu’il avait un lien affectif particulier avec notre pays, mais pour seulement avoir la chance de participer à une Coupe du Monde dont il a été privé par les Saoudiens qui l’ont limogé après qu’il ait fait qualifier leur équipe. Il avait d’ailleurs lancé après avoir pris contact avec les joueurs : «Je ne suis pas un magicien» ? Traduire : «Ne me demandez pas la lune !»

En prenant le train en en marche à la tête de la sélection tunisienne, à partir du 16 juin, c’était en quelque sorte pour prendre sa revanche sur… l’Arabie saoudite. Il savait que la Tunisie ne pouvait lui offrir ni la gloire ni l’argent, et en deux semaines dans les vestiaires avec les joueurs et le staff administratif, il a pris conscience des limites du projet que ses «employeurs provisoires» pouvaient lui offrir : limites aussi bien humaines (des joueurs sans âme et des dirigeants sans direction ni jugeote), que techniques, logistiques et financières.

La FTF renvoyée à ses chimères

L’accord conclu entre les deux parties prévoyait l’ouverture de négociations, à l’issue du tournoi, en vue d’un éventuel engagement à plus long terme. Ces négociations, si elles ont vraiment eu lieu, ce dont on a de bonnes raisons de douter, ont visiblement tourné court, à moins que Renard n’ait décidé d’y mettre fin de la manière peu élégante avec laquelle il l’a faite : un message sur les réseaux sociaux, qui coupe l’herbe sous les pieds du président de la FTF et de son omnipotent adjoint.   

Le départ du technicien français était prévisible et attendu. Il fallait être très naïf pour croire qu’un «renard» comme lui puisse se laisser prendre au piège d’un football tunisien moribond et sans ressources : ni humaines ni financières.

Fin de partie donc, pour tout le monde, sauf pour ces bons à rien de la FTF qui s’accrochent à leurs postes comme des morts de faim. S’ils avaient un peu plus de dignité, ils auraient présenté leur démission collective, et ne pas attendre d’être poussés vers la porte comme des malpropres.

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