La Tunisie veut porter le taux d’investissement de 16 à 24% du PIB  

Hatem Soussi, directeur central de l’Agence de promotion des investissements étrangers (Fipa), a déclaré que la Tunisie est tenue d’attirer les investissements directs étrangers (IDE) à raison de 4 milliards de dinars par an dans le cadre du nouveau plan de développement 2026/2030. Mais quand on sait que notre pas «n’a attiré que» 2,9 milliards de dinars d’IDE en 2024, on mesure l’ampleur du défi.  

Dans une déclaration à l’Agence Tunis Afrique Presse (Tap), vendredi 29 juillet 2025, Soussi a souligné que le pays est également appelé à améliorer le taux d’investissement de 16% du PIB actuellement à 24-25%, dans le nouveau plan de développement, soit le faire revenir à ce qu’il était sous le règne de Ben Ali entre 1990 et 2010, devrions-nous rappeler à ceux qui n’aiment pas regarder en arrière.

Comment réaliser ce taux relativement élevé eu égard les capacités actuelles de l’économie tunisienne ? Réponse de M. Soussi dans son entretien avec la Tap: en adoptant une série de réformes et en les accélérant, en s’appuyant sur la dynamisation de l’investissement public, qui est conçu pour être une locomotive pour l’investissement privé (local et étranger).

Ces réformes impliquent également l’accélération des programmes de numérisation et du développement des infrastructures, sachant que ces domaines connaîtront un changement qualitatif dans le nouveau plan.

M. Soussi souligne aussi la nécessité d’encourager les entreprises tunisiennes à internationaliser leurs activités, à s’intégrer aux chaînes de valeur de production et à se rapprocher de leurs clients. Celles-ci peuvent ouvrir des succursales à l’étranger et être davantage cotées en bourse, ce qui, selon lui, contribuera à l’attractivité de la Tunisie en matière d’investissement et encouragera davantage les investisseurs étrangers à s’installer en Tunisie.

Évoquant les résultats des investissements étrangers en Tunisie au cours du premier semestre 2025, Soussi les a jugés «bons et encourageants», d’autant plus qu’environ 50 % des objectifs fixés pour l’ensemble de l’année en cours (3 400 millions de dinars) ont été atteints.

La Tunisie a attiré des investissements étrangers d’une valeur de 1 650,3 millions de dinars tunisien  (MDT) au cours du 1er semestre de cette année, contre 1 366 MDT au cours de la même période en 2024, soit une augmentation de 20,8 %.

Le responsable s’attend à ce que le rythme des investissements s’accélère au cours des 3e et 4e trimestres de cette année, ce qui, selon lui, permettra d’atteindre les objectifs fixés.

Les résultats des flux d’investissements étrangers vers la Tunisie au cours du 1er semestre 2025 ont montré que les IDE ont augmenté de 21,3%, atteignant 1 640,5 MDT à la fin du mois de juin de cette année, contre 1 352,4 MDT à la fin des 6 premiers mois de l’année dernière.

À l’inverse, les investissements de portefeuille (en bourse) ont diminué de 28,3 %, passant de 13,6 MDT à 9,7 MDT entre juin 2024 et 2025. Cette baisse, Soussi l’attribue à l’absence de nouvelles introductions en bourse ou d’augmentations de capital significatives dans les sociétés cotées, susceptibles d’inciter les investisseurs étrangers à acquérir des actions.

Zoom sur les secteurs porteurs

Par ailleurs, Soussi a indiqué que le secteur industriel, notamment les industries manufacturières, a attiré des IDE d’un montant de 1 031,3 MDT à fin juin 2025, contre 838,9 MDT au cours de la même période en 2024, soit une augmentation d’environ 200 MDT. Cette augmentation est significative, notamment dans les secteurs prometteurs à forte valeur ajoutée, tels que les composants automobiles et aéronautiques, révélant que les entreprises étrangères opérant dans ce secteur ont entrepris des expansions importantes.

Soussi a également révélé qu’à la lumière de la demande mondiale croissante de fabrication d’avions, les entreprises étrangères opérant dans les composants aéronautiques ont demandé aux autorités tunisiennes d’agrandir la zone industrielle d’El Mghira (gouvernorat de Ben Arous) pour répondre à la demande croissante.

Le responsable de la Fipa a également évoqué la reprise en cours du secteur du textile et de l’habillement, qui a su sortir de la crise de ces dernières années en misant sur une production de qualité et en réalisant des petites commandes à forte valeur ajoutée, grâce à la compétence de sa main-d’œuvre et à sa proximité géographique avec les principaux fournisseurs et clients européens.

Le secteur de l’énergie a réussi à attirer des investissements étrangers au cours du 1er  semestre de cette année, s’élevant à 398 MDT, contre 248,3 MDT au cours de la même période en 2024, soit une augmentation significative d’environ 60%.

Selon Soussi, cette croissance est attribuée à l’augmentation significative des projets d’énergie renouvelable, car des contrats ont été signés pour la construction de plusieurs centrales électriques d’énergie renouvelable par plusieurs sociétés et groupes étrangers au cours des derniers mois, et la mise en service imminente de ces projets, ce qui a donné un fort coup de pouce au secteur énergétique du pays.

Il convient de noter que la composition des IDE en Tunisie se répartit comme suit : 62,9 % pour les industries manufacturières, 24,3 % pour l’énergie, 11,6 % pour les services et 1,2 % pour l’agriculture.

I. B. (avec Tap).

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